
La MSH fait son cinéma, première !
Cette année, « La MSH fait son cinéma » se transforme en journées de rencontres pour explorer les liens entre écriture filmique et écriture scientifique.
Nous interrogerons deux concepts clés : l’intention, qui guide la création du film ou comment les sons et les images agencés ensemble peuvent faire sens, et le dispositif filmique, qui permet de traduire en images et en sons cette intention.
L’objectif est double : i) comprendre comment rendre lisible une intention à partir d’un sujet que l’on veut traiter et ii) réfléchir ces dispositifs au regard des publics à qui l’on s’adresse.
Au travers de projections, de débats et d’ateliers, nous aborderons les enjeux de réalisation, de production et de diffusion dans les arènes académiques et grand public. Ce programme, porté par un collectif interdisciplinaire, vise à créer un espace de partage et d’échanges sur les écritures audiovisuelles alternatives de la recherche.
L’inscription est ouverte à toutes et tous : chercheurs, chercheuses, étudiant·e·s, professionnel·le·s des ICC, réalisateur·ice·s, technicien·ne·s, productrices et producteurs, curieux et curieuses.

Présentation
Comment lier écriture filmique et écriture scientifique ? À elle seule cette question permet d’aborder différents enjeux méthodologiques en interrogeant deux notions centrales dans nos métiers de cinéastes-chercheur.se.s :
- L’intention, entendue comme la ligne directrice qui oriente toutes les étapes de fabrication d’un film – de la conception à la prise de vue, du montage à la diffusion. L’intention préside au choix d’un point de vue, d’un geste filmique, d’une manière d’entrer en contact avec ce (ou ceux) que l’on filme, d’une écriture filmique/audiovisuelle. Elle se traduit aussi dans la relation qu’elle entretient avec l’hypothèse de recherche qui accompagne la réalisation du film.
- Le dispositif filmique, mot valise qui peut traduire l’ensemble des choix concrets pour réaliser et diffuser un film donnant forme à cette intention et conditionnant ce que les images et les sons peuvent nous dire.
Ces deux journées ont pour objectif de questionner ce que les images et les sons produisent comme savoirs, et les raisons pour lesquelles nous mobilisons l’écriture audiovisuelle dans un contexte de recherche :
* Que permet et ne permet pas une écriture audiovisuelle, et qu’implique-t-elle lorsqu’elle s’inscrit dans un contexte de recherche ?
* Quels sont les objectifs d’un film en recherche : transmettre, décrire, éprouver, débattre, documenter, expérimenter, tout cela à la fois ?
* Comment ces objectifs influencent-ils nos manières de filmer et de réaliser la recherche ?
De la photo-élicitation au cinéma direct, de l’image ethnographique au cinéma expérimental, nous réfléchirons à la manière de faire exister et de légitimer ces typologies d’écritures dans l’arène académique comme dans l’espace public.
Le programme associera projections-débats, ateliers d’analyse filmique, retours d’expérience, ainsi qu’une table-ronde sur les enjeux de réalisation, de production et de diffusion.
Co-portées par un collectif de réalisatrices, réalisateurs, chercheuses et chercheurs en SHS aux ancrages disciplinaires multiples, ces journées ambitionnent de faire communauté autour de la recherche-création et des écritures audiovisuelles dites “alternatives”. Il ne s’agit pas de proposer un modèle exemplaire, mais d’ouvrir des brèches et un espace d’échanges pour partager des expériences, des outils et des langages en interrogeant nos manières de faire et de penser l’acte d’image dans un contexte de recherche et de création.
L’enjeu est de créer un espace commun, où la diversité des pratiques puisse devenir une ressource pour penser ensemble nos façons d’observer, de raconter, d’inventer la rencontre entre la pratique audiovisuelle et la recherche.